L’EFFET PLACEBO

On connait depuis longtemps l’effet placébo je plairai en latin – Il concerne les médications et les gestes chirurgicaux. Pour les médicaments, l’effet placébo peut être pur: le patient ne reçoit pas un produit actif mais un placébo inactif. La plupart des essais cliniques comparent les effets d’un médicament actif sur un premier groupe de patients, à ceux d’un second groupe qui prend un produit inactif (placebo) On s’attendrait à ce que rien ne se passe dans ce groupe témoin. Il n’en est rien. Il peut être amélioré. Dans un autre cas, l’effet placébo est impur – le médicament est actif sur une première maladie mais sans effet sur une autre maladie.
L’amélioration est néanmoins étendue aux deux affections pourtant indépendantes. L’effet placébo se retrouve dans 30 à 75 % des cas. Il est favorisé par l’information fournie au patient : le médicament, son coût, son efficacité présumée et ses effets secondaires. La relation médecin/malade a un rôle essentiel. Il en résulte un climat d’entente et d’attente favorable. Le système dopaminergique est mis en route. C’est celui de la récompense. Il peut même conduire à une accoutumance. On devient « accro » à un produit totalement neutre. En rythmologie, les Holters implantés – à la recherche d’arythmies, dans le bilan de syncopes – en sont un exemple. Ils sont souvent considérés par les patients comme ayant un effet thérapeutique -diminution des palpitations ou de la fréquence des syncopes- et ils refusent leur ablation , geste pourtant très simple. On leur a expliqué que la méthode trouverait la cause de leurs maux et ils y croient. En confiance, ils lui prêtent des vertus qu’elle n’ a pas.

L’EFFET NOCEBO

A l’inverse, l’effet noceboje nuirai en latin – est moins connu. Il a été décrit en 1961 par un médecin américain, le Dr Walter Kennedy. Le produit peut donner des vertiges, des maux de tête, des troubles digestifs, des allergies ,des douleurs menstruelles. L’anxiété née d’une information insuffisante ou d’une désinformation y est propice. Ainsi en période de vaccination contre le Covid 19, une étude publiée dans le JAMA Network, portant sur 45000 volontaires a séparé, après une première dose de vaccin, deux groupes de patients. Le premier a reçu une deuxième dose, le second un placébo. Dans les deux groupes, des sujets se sont plaints de symptômes voisins de ceux provoqués par la première dose. L’étude conclut que 75 %. des effets secondaires (nausées, vertiges, fatigue et douleurs) ressentis dans le groupe témoin sont dus à un effet nocebo . Ces sentiments négatifs sont l’envers de l’effet placebo. Le nocébo se produit quand le sujet a la certitude que la substance reçue est nocive. Il recherche alors plus ou moins consciemment dans ses souvenirs la sensation qu’ils avait éprouvée la première fois. Le stress et l’anxiété seraient responsables de ces symptômes qui feraient intervenir la cholecystokinine qui provoque une hyperalgésie. Les effets ressentis mis en cause par des ondes électro magnétiques dans des zones où les émetteurs sont absents, seraient aussi expliqués de cette manière.

Bibliographie

1)Miller FG, Rosenstein DL. The nature and power of the placebo effect. J Clin Epidemiol, 2006; 59: 331–335.

2)Luana Colloca, Damien Finniss : Nocebo Effects, Patient-Clinician Communication, and Therapeutic Outcomes , JAMA. 2012 February 08; 307(6): 567–568.