ECG enregistré chez un sujet sans domicile fixe par grand froid. Il montre une grande bradycardie sinusale à 20/min avec une onde P aplatie et surtout une onde J marquée. Le segment ST est sous décalé et l’onde T aplatie. On voit ainsi que le trouble concerne plus la dépolarisation et moins la repolarisation. Les signes disparaîtront après réchauffement .

Autre patient dont l’observation est parue dans le NEJM ( M J. Krantz, C M. Lowery: NEJM 2005;352:184). Le rythme semble sinusal et les trémulations du tracé initial sont peut être des frissons. L’onde J est très importante . Le QT est long et l’onde T négative . Le réchauffement assure la normalisation du tracé, partielle en une heure et totale en un jour.

Autre patient avec fibrillation atriale et onde J mineure.

En 1938, Tomashewski et Coll faisaient, chez un homme accidenté, la première description de l’onde d’hypothermie sous la forme d’une très lente déflexion inscrite à la jonction QRS-ST.
En 1952 John Osborn créait expérimentalement, une onde similaire chez des chiens en hypothermie et acidose. A une température inférieure à 25°, les chiens passaient en fibrillation ventriculaire. L’onde d’hypothermie a été appelée onde d’Osborn.
Des travaux ultérieurs suggèrent à l’origine du phénomène une activité discordante en début de systole des courants potassiques repolarisants, entre l’épicarde et l’endocarde ventriculaire . Ce courant s’inscrit sous la forme d’une onde J. Le segment ST et l’onde T sont par ailleurs anormaux par défaut d’autres courants potassiques.
A coté de l’hypothermie, des ondes de ce type ont été décrites dans d’autres conditions : ischémie myocardique, repolarisation précoce, syndrome de Brugada, hypercalcémie . Antzelevitch les a regroupées dans les syndromes de l’onde J .

Pendant la partie initiale de la repolarisation une perte de charge de seulement certaines couches cellulaires (épicarde) fait apparaître l’onde J. Les disparités de repolarisation donnent naissance à des rentrées de type 2 et expliquent les troubles du rythme. Les régions du coeur qui donnent naissance à l’onde J et que révèlent l’ECG sont différentes d’un syndrome à l’autre, global dans l’hypothermie, plus localisé dans l’ischémie myocardique (territoire dévascularisé) et dans le syndrome de Brugada (voie de sortie du ventricule droit) ou le syndrome de repolarisation précoce (inférieur, latéral, inféra-latéral).

Bibliographie


1)Tomaszewski W. Changements electrocardiographiques observés chez un homme mort de froid: Arch Mal Coeur Vaiss 1938;31:525–528.
2)Osborn JJ. Experimental hypothermia: respiratory and blood pH changes in relation to cardiac function: Am J Physiol 1953;175:389–398.
3) J Wave Syndromes C Antzelevitch, Gan-Xin Yan. Heart Rhythm: 2010 7;4: 549–558.