C’est une mort subite par fibrillation ventriculaire induite par un choc apparemment banal reçu en regard du cœur sans dommage local  et en l’absence de cardiopathie.

Le terme latin de « commotio cordis » date du XIXème siècle mais le phénomène était connu bien avant (Dim Mak : « touche et meurt » des arts martiaux chinois). Ce n’est pas une contusion cardiaque car il n’y a pas de dommage myocardique. Les enfants et les adolescents y sont plus exposés avec un thorax plus compliant que celui des adultes , les chocs étant plus violemment transmis à travers la paroi au cœur.  La commotion survient lors d’activité sportives récréatives ou en compétition, principalement celles (baseball, lacrosse, hockey) où sont utilisées des balles dures à haute vélocité ( >100km /h), rarement en d’autres circonstances (sports de combat, rixes, accidents).

Son incidence exacte n’est pas connue mais sur la base du registre « National Commotio Cordis » de Minneapolis, ce serait une des causes les plus fréquentes de mort subite chez des jeunes athlètes, après les CMH et les anomalies congénitales des artères coronaires.

La mortalité était initialement très importante , rapportée dans ce registre autour de 85% au début des années 2000. Elle s’est heureusement abaissée au cours des quinze dernières années avec une meilleure diffusion des défibrillateurs automatiques mais reste élevée autour de 40% ce qui est inadmissible chez des jeunes (âge moyen de 15 ans dans le registre) sans cardiopathie .  

Augmentation de la survie rapportée dans le registre « national commotio cordis »

Le mécanisme en cause est la transformation d’une énergie mécanique en une instabilité électrique qui génère une fibrillation ventriculaire. Il est possible qu’il y ait parfois des arythmies moins sévères qui passent inaperçues.  On sait qu’un coup de poing peut engendrer une extrasystole et ainsi réduire certaines tachycardies. La question est posée de la susceptibilité de certaines personnes qui auraient une anomalie rythmique latente (canalopathie ? ).   

Expérimentalement sur de jeunes porcs anesthésiés le phénomène a été étudié. Les chocs mécaniques doivent être dirigés sur le cœur et être délivrés dans une fenêtre de temps très étroite sur le sommet de l’onde T, période vulnérable ventriculaire pendant laquelle la dispersion de la repolarisation est maximale et favorise des réentrées puis une fibrillation ventriculaire. En dehors de cette période, d’autres anomalies transitoires plus banales ont été observées (ESV, bloc de branche, bloc AV, sus décalage de ST). En fait, le choc mécanique engendre une pression ventriculaire de l’ordre de 250 à 400 mm Hg, et un étirement des fibres qui active certains canaux ioniques générant un courant dépolarisant et pouvant provoquer une ESV. En période vulnérable, cette ESV risque de donner une FV. Il faut se souvenir que les chocs électriques pour fibrillation atriale sont synchronisés pour éviter cette période vulnérable ventriculaire.

Pathophysiologie du « commotio cordis »

STRATEGIE PREVENTIVE

Des mesures de prévention sont proposées dans les sports de balle . Les protections thoraciques se montrent un peu décevantes ainsi que le changement de balle à centre dur pour des balles à centre caoutchouc.

La formation des joueurs est importante en leur apprenant à éviter d‘arreter la balle avec la poitrine. L’entourage doit être averti de la possibilité et de la gravité du syndrome.

L’équipement des lieux de pratique sportive en défibrillateurs externes semi automatiques ou automatiques, la diffusion de leur mode d’utilisation et des premiers gestes de réanimation restent essentiels .

Bibliographie :

B. Maron ,  M. Estes Commotio Cordis N Engl J Med 2010; 362:917-927